Les 7 choses que je fais ici mais pas en France

(Ou : ce qu’on ferait pas pour améliorer son niveau en langue)

Qui dit nouvelle vie, dit femme nouvelle. J’ai pris quelques habitudes un peu spéciales depuis mon arrivée ici…

1. Sur le quai de la gare, quand j’attends le train, je m’approche d’un groupe de personnes qui parlent suédois entre elles. Cette stratégie est plus facile à mettre en œuvre quand le quai est assez peuplé, sinon mon comportement paraît sans doute un peu suspicieux.

2. Dans le bus, dans le train, je choisis de m’asseoir à côté des gens les plus bruyants, qu’ils parlent à leur voisin ou que leur interlocuteur soit au bout du fil. Bien sûr, dans un train quasi vide, je ne vais pas me coller à côté de quelqu’un. Dans la rangée juste derrière, ça suffit généralement pour suivre la majorité de la conversation.

Ces deux techniques requièrent forcément de faire preuve d’un certain “racisme” anti-suédophone. Il m’est arrivé de rentrer chez moi et de dire à mon mari “pff c’est dommage y en avait pas un qui parlait suédois dans le bus ce soir” : l’arabe, le somali, l’érythréen… j’apprendrai plus tard.

3. Je lis tout ce qui me passe sous la main. Si malgré le “ingen reklam tack!” collé à la porte de l’appartement, un illettré nous dépose des pubs, je les feuillette avec plaisir. Grandes surfaces, magasins de meubles et de bricolage, agences immobilières, opérateurs de téléphonie mobile… Tout y passe. Ma devise : “il n’y a pas de mot inutile”.

Söderfors Herrgård, août 2019

4. Dans la voiture, je laisse les pubs à la radio, alors qu’en France je zapperais illico. L’avantage des pubs, c’est que c’est “catchy”, et que c’est toujours les mêmes qui reviennent. Et comme on le sait, le discours publicitaire est très innovant linguistiquement parlant… pour mon plus grand plaisir.

5. Dans les magasins, je prends des notes ou des photos, ou j’attends d’être à la maison pour chercher tranquillement les mots inconnus dont je me souviens à peu près (technique qui est en fait rarement appliquée puisqu’il est difficile de se souvenir d’un mot ou d’une expression nouvelle et qu’on ne comprend pas).

6. Je suis incroyablement sociable. Habitant une (très) petite ville, ce n’est pas archi difficile. Quand je croise quelqu’un dans la rue, j’ai 70% de chances de l’avoir croisé la veille. Alors parfois, on papote un peu. Pas grand-chose, mais plus que ce que j’aurais fait “chez moi”. De façon générale, l’apprentissage du suédois est une excuse pour bavarder, ça me donne un élan, moi qui me trouve plutôt réservée (la plupart de mes amis ne seront pas d’accord avec cette assertion, mais soit). Pour apprendre le suédois, je pourrais m’inscrire à un cours de tricot, participer à un stage de parentalité ou faire du bénévolat dans une maison de retraite.

7. J’adore avoir des (petits) problèmes : un truc en panne dans la voiture ? La disparition de notre connexion wifi ? Un colis qu’on attend depuis des lustres et qui semble perdu ? Je passe un coup de fil en suédois. Ma fille fait un peu d’eczéma, mon fils a une infection occulaire, la varicelle ? Allez, c’est somme toute un peu bénin, en tout cas ce n’est pas la fin du monde, et cela va me permettre d’agrandir mon vocabulaire.

Voilà pourquoi en immersion, on apprend toujours plus vite 🙂

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3 thoughts on “Les 7 choses que je fais ici mais pas en France

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